#6emeRépublique La gueuse vous salue bien bas !

Que de remouds actuels dans notre République Française ! Certains se sentent pousser des ailes et espèrent dans le retour de la monarchie, tout au moins d’une monarchie constitutionnelle. Jettez donc un oeil sur Twitter à la team #LouisXX

Ceux-ci ressortent le terme « la Gueuse »

Ce chant est tiré de l’Action Française, à l’oeuvre le 06/02/1934. Et vu ce que je lis, il semble que ces personnages soient de plus en plus structurés. C’est donc que « la Gueuse » comme ils se plaisent à l’appeler va mal. Mais au fait qu’est-ce qui a fait et défait les Républiques précédentes ?

Rapide historique

De la première République : de septembre 1792 à mai 1804 (12 ans). Mise à mal entre les guerres périphériques et les guerres internes (coucou les Vendéens) le coup d’État du 18 brumaire met fin à cette première tentative et voit naître l’Empire, alors que Napoléon promettait la République d’égalité, de liberté civile, de tolérance politique.
De la deuxième République : février 1848 à  décembre 1852 (4 ans).
C’est après la Révolution de Juillet où les Parisiens se soulevèrent. C’est intéressant de relire ce que disait Marx de cette époque:
« Le 25 février, vers midi, la République n’était pas encore proclamée, mais, par contre, tous les ministères étaient déjà répartis entre les éléments bourgeois du Gouvernement provisoire et entre les généraux, banquiers et avocats du National. Mais, cette fois, les ouvriers étaient résolus à ne plus tolérer un escamotage semblable à celui de juillet 1830. Ils étaient prêts à engager à nouveau le combat et à imposer la République par la force des armes. C’est avec cette mission que Raspail se rendit à l’Hôtel de ville. Au nom du prolétariat parisien, il ordonna au Gouvernement provisoire de proclamer la République, déclarant que si cet ordre du peuple n’était pas exécuté dans les deux heures, il reviendrait à la tête de 200 000 hommes. Les cadavres des combattants étaient encore à peine refroidis, les barricades n’étaient pas enlevées, les ouvriers n’étaient pas désarmés et la seule force qu’on pût leur opposer était la Garde Nationale. Dans ces circonstances, les considérations politiques et les scrupules juridiques du Gouvernement provisoire s’évanouirent brusquement. Le délai de deux heures n’était pas encore écoulé que déjà sur tous les murs de Paris s’étalaient en caractères gigantesques ?: « République française ! Liberté, Égalité, Fraternité ! » 
Elle est tout de même fâcheuse cette tendance qu’à la Bourgeoisie de se répartir si rapidement les postes de pouvoir n’est-ce pas ? (Mais peut-être est-ce lié à la géographie ?)
Et c’est l’élection du premier Président qui ironiquement signa la fin de la République par le coup d’Etat qu’il lui porta.
De la Troisième République: 1870 – 1940 (60 ans) La structure la plus stable temporellement parlant. Et ce, même si elle a connu des remouds au travers de ses 13 présidents. Les premiers temps ont vu une résurgence monarchique (encore…), et Boulangiste (une sorte de Grillo de 1889). Il est intéressant de constater que c’est le centre-droit de l’époque par Albert Lebrun qui cède la place à Pétain en 40. Ce dernier devait être mis en place par le patronat lors de la crise du 06/02/1934, mais il aurait décliné l’offre, et  fut donc ministre de la Guerre. C’est à cette époque que les premiers socialistes l’appelèrent au pouvoir « Monsieur le Maréchal, en cas de péril national, la France compte sur vous. » Il se méfie des instituteurs communistes et les fait surveiller.
Voir la 11e minute, encore une fois l’éducation devait rester l’outil de la reconduction d’un système qui conserve les castes sociales. 
Bref c’est à l’arrivée de Pétain que la 3e République Française se termine.
Du gouvernement provisoire de 45, disons simplement qu’il a permis l’émergence d’un référendum appelant et instaurant une constituante. Souvenons-nous également du score aujourd’hui rêvé du PCF de l’époque : 26 %.

De la Quatrième République : 1946 – 1958 ( presque 12 ans). Les deux présidents furent Vincent Auriol et René Coty. Ils n’avaient qu’un rôle honorifique vu le système adopté: bicamériste entre Assemblée Nationale et Conseil de la République. Le pouvoir était plus détenu par le Président du Conseil qui furent: Paul Ramadier, puis Charles de Gaulle.Ce n’est pas tant le mode bicamériste que le scrutin associé qui a rendu ce régime si instable. Et c’est là que nous commençons à voir que de nombreuses variables sont à prendre en compte. Il est fort à parier que c’est pour ce souvenir que la plupart des politiques dans les deux grands partis ne souhaitent qu’une « dose » de proportionnelle.

De Gaulle est malin, il dame le pion à Coty et Pfimlin et prend le pouvoir dans, ce que personnellement j’appelle un putsch téléguidé. « il est vrai , que deux ou trois personnages entreprenants qui avaient participé à mon action à l’époque où j’en exerçais une, séjournaient en Algérie pour répandre l’idée qu’il faudrait bien un jour me charger un jour du salut public. Mais ils le faisaient en dehors de mon aval et sans m’avoir consulté. » De-Gaulle. A l’insu de son plein gré… Mouais.

C’est ainsi que Mitterrand qualifia la prise de pouvoir de De Gaulle: « En droit, le général de Gaulle tiendra ce soir ses pouvoirs de la représentation nationale : en fait, il les détient déjà du coup de force. »


Bien, grossissons le trait et appelons ça encore une fois un coup d’Etat. Il y parvient même après  la manifestation du 28 mai (plus de 500 000 manifestants à Paris) et la grève générale des enseignants (encore une fois les casse-couilles du système), le 30 (suivie à 80%). Or donc la nouvelle constitution n’a pas été rédigée par une assemblée constituante mais par le gouvernement. La nouvelle constitution de la Cinquième République est adoptée avec 82 % . (19% d’abstention)

De la Cinquième République : le 28/10/1962 De Gaulle propose le suffrage universel direct au référendum, en squizzant le parlement. Celui ci furieux fi une motion de censure, auquel De Gaulle répond par une dissolution. Ne pas oublier que le Conseil Constitutionnel était hostile en majorité également. Il remporte son coup avec 62 %. (et 23 % d’abstention). C’est ici que démarre vraiment la personnalisation du pouvoir de la 5e,  » la rencontre entre un homme et le peuple «  disait-il. Mais quel est le but ? Le peuple a-t-il besoin d’un messie, ou bien est-il son propre sauveur ?

A partir de là nous connaissons la suite. Le septennat.. Les cohabitations.. Le quinquennat en 2000.. Un changement de calendrier pour les législatives…

Et c’est là que j’en viens à ma critique de la 5e République. Pour cela je trouve que les propos qui suivent sont assez justes:

J’ai un point de désaccord, le régime n’est plus semi-présidentiel par le changement de calendrier opéré pour les élections législatives. Elles interviennent à la suite de la Présidentielle et confortent donc son pouvoir au lieu de l’équilibrer. Nous avons vu ce que cela pouvait donner sous la Présidence de Nicolas Sarkozy…
En revanche oui nous sommes dans un bipartisme, qui d’ailleurs n’est pas dénoncé qu’en France. Le problème c’est que ce bipartisme ne devient de plus en plus qu’une façade. Les questions économiques se recoupent entre le PS et l’UMP, nous avons de nombreux exemples; le TSCG, l’ANI. Est-ce que ce flou idéologique est le fait du bipartisme qui au fur et à mesure du temps perméabilise les camps? Je le crois oui. Et c’est justement le problème. Si on couple à ça un parti politique comme l’UMP qui n’avance que par la force de son chef, on comprend que l’Assemblée Nationale jouera toujours les bons toutous. Tout est donc fonction de la force de caractère du Président de la République. Encore une fois la personnalisation du pouvoir..
Le deuxième problème pour moi est le temps qui s’est compressé par le quinquennat. Si on couple ça à la personnalisation du pouvoir nous avons un cocktail Molotov démocratique. A peine l’élection présidentielle de 2012  passée que les regards et propos se tournaient déjà vers 2017. Vite, vite, il faut courir ! Je l’aurai cette place ! Je l’aurai ! Et encore une fois le « peuple » aura à se prononcer sur le « choix » de la politique.
Les UMPitres n’ont pas manqué de dénoncer le pourcentage faible de personnes ayant choisi directement François Hollande (28.63%), ils oubliaient de regarder celui de leur Iznogoud (27.18%). Et les positions politiques des 3e et 4e positions étant si différentes des 1e et 2e, il semble que nous soyons face à un problème véritable de représentation.
L’abstention aux législatives:
Les deux pics de 1981 et 1988 correspondent aux temps où les législatives ont suivi les présidentielles, la « chambre d’enregistrement » ne fait pas recette. Le changement de calendrier qui fait que les législatives suivent les présidentielles s’opère à partir de 1995, nous voyons l’inutilité ressentie de ce système par la population.
L’abstention aux présidentielles:

Voilà voilà… la personnalisation du pouvoir donc… Les pourcentages comparés semblent clairs. Les législatives ont été complètement phagocytées par la présidentielle.

Passons la 6e vitesse:

Pourquoi faire au juste ? Pour ma part, quitter ce régime qui n’est plus semi-présidentiel mais bel et bien  présidentiel, et qui nous rend désormais tous idiots. La fragmentation du temps empêche les gens de prendre le temps justement, temps de lire, de s’instruire, de comparer, de critiquer..

Plusieurs personnes, plusieurs partis appellent à la 6e République; des écologistes, des socialistes comme Montebourg ( allez voir son site qui travaille encore aujourd’hui dans le silence), le groupement du Front de Gauche.

Ce dernier propose trois points sur la 6e:

1.) la constituante qui serait une assemblée spécifique élue à la proportionnelle.
2.) référendum révocatoire des élus ( pétition citoyenne pour l’obtention du lancement référendaire).
3.) intégration des Droits écologiques de l’Homme dans la constitution (référence au concept d’écosocialisme)

Voir les propositions plus en détail: Jean-Luc Mélenchon aux Assises pour l… par lepartidegauche

Certains socialistes formulent quant à eux 30 propositions sur le sujet, notamment:

Proposition-4. Tout élu national ne peut être titulaire que d’un seul mandat électif. Les élus locaux ne peuvent être titulaires, au plus, que de deux mandats et ne peuvent pas cumuler deux mandats exécutifs locaux. Les fonctions de député, sénateur, député européen, et de membre d’un exécutif local ne peuvent être exercées pendant plus de trois mandats consécutifs dans la même fonction. Une loi organique organise un statut de l’élu au regard de la législation du travail, des droits sociaux, de la formation professionnelle. Elle favorise, en particulier, l’exercice à plein temps des fonctions électives et le retour à l’emploi des élus nationaux et locaux au terme de leur mandat.

Proposition-10. Le gouvernement ne peut faire adopter une loi sans vote en engageant sa responsabilité sur ce texte (suppression de l’article 49-3).

Proposition-22. Le recrutement et la carrière des magistrats du siège et du parquet sont strictement séparés.

Proposition-26.Tous les étrangers résidant légalement sur le territoire national depuis un délai à définir peuvent participer aux élections locales dans les mêmes conditions que les nationaux.

Les écologistes avaient déjà formulé eux aussi l’idée d’une Sixième République lors de la présidentielle.

« La proportionnelle pour représenter plus justement la société, le non cumul des mandats pour partager le pouvoir, la parité pour assurer l’égalité homme-femme, la modification du statut pénal du chef de l’état pour en finir avec l’impunité, voila quelques-unes des propositions des écologistes défendues par Eva Joly pour dépolluer la République et rénover la démocratie. »


La sixième république n’est donc pas une lubie, ni un coup de balai vain, mais une réflexion menée sur le constat de l’hyper présidentialisation du système. Cette hyper-présidentialisation couplée à une compression du temps emballe la machine. Les idéologies des deux grands partis deviennent poreuses par endroits (et pas des moindres !). Nous assistons à une fusion. D’où le sentiment d’être trompé, volé, par la population de droite, et la population de gauche par leur propre Président. Le Président étant porté sur la responsabilité de tout, son élection étant devenu le poumon démocratique de la France, les attaques fusent sur l’homme et non plus sur la politique (le nain, le mou, le p’tit nerveux, le flanby, etc..). Quid d’un(e) président(e) qui se révélerait avoir des troubles comportementaux ? Déciderait de reprendre le pouvoir d’une autre manière ?

Nous avons d’ailleurs vu que le vol démocratique ou le basculement d’un système à un autre était souvent le fait d’une personne. Contrairement à ce que laisse croire la Quatrième République un régime parlementaire  serait beaucoup plus stable, en ce sens que la constitution serait cette fois-ci rédigée par le peuple, non par la bourgeoisie, ni par des parlementaires déjà en place. L’Assemblée Constituante permettrait de représenter véritablement la population puisqu’elle serait élue à la proportionnelle. Ce qui n’est que la Constituante, et donc, par son caractère temporaire ne provoquerait pas les crises successives de la Quatrième.

Reste à ce que toutes les personnes souhaitant son avènement parviennent à s’entendre, avant que les ennemis de « la Gueuse » n’arrivent à reprendre encore une fois la main…

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