#MoraleLaïque, ils veulent faire réfléchir les gosses ? Les SALAUDS !

Nous voici donc dans l’ère de la putasserie décomplexée. Non pas avec le texte que propose Vincent Peillin mais par les réactions outrées qu’elles suscitent.

Celui ci-dessus c’est un élu… Si si…

Les ravages de la drogue…

Bien, bien, bien. Tout ceci intervient dans un mouvement de lutte des réseaux catholiques pour conserver ou retrouver une certaine vision de la société française.

Ce n’est pas pour rien que les réactions les plus outrées se situent la plupart du temps dans cette sphère.

Mais quand on a dit cela, on n’a rien dit. So what ? C’est quoi le problème avec ce texte ?

Il pose plusieurs points.

Celui des valeurs véhiculées

– La dignité
– La liberté
– L’ égalité
– La solidarité
– La laïcité
– L’esprit de justice
– Le respect
– La lutte contre toutes les discriminations

Diantre ! Quelle horreur ! La République Française pense promouvoir ces valeurs ! Mais quelle atrocité ! Bon… Les enfants… On va se calmer et tenter de voir ce qui peut mettre nos chers réticents dans cet état.
La laïcité peut-être ? Sans doute même, parce que non, on ne peut pas imaginer UNE SEULE SECONDE que les autres items en soient la cause ! N’est-ce pas ? 😉
Et bien chers amis, justement, par la formation apportée au sein des nouvelles écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) (anciens IUFM détruits par la droite) permettra de mettra au clair cette notion. Car il faut bien l’avouer, ce n’est pas très clair pour certains d’entre nous.
Par exemple: un élève fait un signe de croix lors d’une visite à l’église; punissable ou pas ? (Et là je pose la question aux collègues qui pensent cela punissable; EST-CE QUE VOUS ETES FOUS ?) Ce dernier événement qui a eu lieu démontre que nous avons besoin, nous, communauté éducative de remettre tout cela à plat. Je pense par conséquent que c’est une chance.

Celui de l’objectif visé

« Un enseignement laïque de la morale doit viser à sensibiliser les élèves au caractère vivant et évolutif des valeurs démocratiques, principe qui conduit à solidariser étroitement la transmission et l’innovation. « 
C’est peut-être ici aussi que ça coince. Le réactionnaire ne peut entendre et accepter cette phrase. Je ne referai pas ici le dépliage du terme progressiste VS réactionnaire. Tout au moins je dirais que l’un est fixe, et l’autre est en mouvement. Même si parfois ce mouvement est un balancier plus qu’une ligne droite.

Mais effectivement c’est un retour à ce que disait Jaurès. Et Jaurès n’assimilait pas la laïcité de l’État à la neutralité. « Il n’y a que le néant qui soit neutre ». Il lui faut donc bien pouvoir affirmer ses valeurs.

Ou Ferdinand Buisson: « Il y a toujours une question scolaire, mais ce n’est pas de savoir qui de l’Eglise ou de l’Etat dirigera l’école : la chose est jugée. C’est de savoir si notre démocratie réussira à faire, par l’éducation, la France de demain plus forte, plus grande, plus juste, plus humaine que ne fut celle d’hier. Ce n’est plus une question politique, c’est la première des questions sociales »

Et j’ose espérer que les valeurs ne rentrent pas en contradiction avec certains de nos compatriotes. Pour ce qui est de l’objectif en revanche.. C’est une autre paire de manche. Et je suppose qu’à cet instant nous rencontrons la même problématique qu’ont les américains avec les créationnistes. Mais c’est justement ce que cet instant du pouvoir politique souhaite instaurer. L’acceptation du changement. Le pouvoir politique précédent avait dans ses programmes préconisé des maximes que l’enseignant devait expliquer et les élèves répéter. Ce qui nous emmène directement au sujet de la méthode…

Celui de la méthode observée

Le mieux c’est de se référer au texte source.

Pour la formation du jugement moral, il est souhaitable de mettre en œuvre les études de cas et la méthode des dilemmes moraux, inscrits dans des situations concrètes et propices à l’apprentissage du raisonnement moral et aux pratiques langagières, la discussion et le débat argumenté, notamment. Mais d’autres méthodes existent, comme la méthode de la clarification des valeurs ou la discussion à visée philosophique que les enseignants peuvent mobiliser selon les situations, les particularités de leur classe et de leurs élèves, les difficultés rencontrées à faire communauté. Des méthodes ont aussi été éprouvées dans certains courants pédagogiques comme celui de la pédagogie institutionnelle qui renferme des trésors d’expériences et de pratiques. Et on les trouve régulièrement mises en œuvre en Belgique et au Québec, qui ont des enseignements de ce type.



En matière de méthode, la mission prône un « éclectisme » de bon aloi en soulignant que 

quelles que soient les voies choisies par les enseignants, il importe de considérer que 
l’enseignement de la morale requiert un apprentissage méthodique. Du point de vue des 
contenus, s’il est souhaitable que les enseignants engagent la formation des élèves en 
prenant appui sur les spécificités de leur classe, il est recommandé d’organiser systémati
quement des activités et des situations pédagogiques autour de la relation filles-garçons.

Bien, nous pouvons constater que les enseignants ont encore une fois libre choix pédagogique. Ensuite les préconisations sont tout à fait acceptables selon moi;

– interactions langagières (donc Bruner et Mari Barth)
– discussion à visée philosophique (Michel Tozzi)
– pédagogie institutionnelle (Oury, et étendons à Freinet aller !) 

Bref, du bon pour que les élèves s’entraînent à devenir Citoyens, puisqu’ils entraîneront leurs compétences de citoyens en action. (et ce même si la notion de compétences est à questionner)


Au final 

Au final les plus outrés n’ont pas tellement de raison de l’être, surtout ceux qui parlent d’un dictateur qui lessiverait la tête de leurs petits bouts. Il reste que des critiques peuvent être apportées sur la politique éducative:

Et oui… Si on veut une véritable efficacité, ce sont des partenaires à ne surtout pas négliger.

L’éléphant peut effectivement accoucher d’une souris, mais le rappel des méthodes possibles me semble encourageant.

Ce qui peut s’entendre mais alors vous aurez du mal à parler d’un socle commun de valeurs qui fondent la République.

Ben oui cher collègue mais en même temps si Hollande glorifie dès le début du quinquennat celui qui a réduit à néant les écoles mutualistes (Ferry), il ne faut pas s’étonner.

D’autres font des critiques d’ordre plus général qui s’entendent tout à fait 🙂

Pour ce dernier, je pense que le texte y répond relativement bien :   La morale enseignée à l’École ne peut être qu’une morale laïque en ce qu’elle est non confessionnelle et une morale civique en ce qu’elle est en lien étroit avec les principes et les valeurs de la citoyenneté républicaine et démocratique.

Certes ! Mais justement, prévenons le problème à la source !

Et puis il y a les historiens.

Je donne comme crédit à Condorcet d’avoir proposé les galères à Louis XVI au lieu de l’exécution proposée par Robespierre. En revanche, il est intéressant de constater que Condorcet considère la morale laïque comme une science à enseigner, fondée sur la raison. Une de ses citations:
« Que la morale fasse partie d’une éducation publique commune à toutes les classes de citoyens. Que l’on écarte avec soin de cette éducation toute influence sacerdotale. »

Condorcet – 1743-1794 – Discours d’avril 1790
Ah tiens et pour le coup en voici deux dernières:
« Plus un peuple est éclairé, plus ses suffrages sont difficiles à surprendre […] même sous la constitution la plus libre, un peuple ignorant est esclave. »


Cinq Mémoires sur l’instruction publique – 1791-1792

« Il ne peut y avoir ni vraie liberté ni justice dans une société si l’égalité n’est pas réelle. »


Journal d’instruction sociale – 1793

Quant à Robespierre :
« Sans l’éducation nationale, il vous faut aussi renoncer à former ce que j’appelle les mœurs de l’enfant, qui bientôt par ce plan, vont devenir les mœurs nationales; et par là je veux dire la sociabilité ; son caractère, un langage qui ne soit point grossier, l’attitude et le port d’un homme libre ; enfin des manières franches, également distantes de la politesse et de la rusticité. Entre citoyens égaux d’une même République, il faut que ces divers avantages de l’éducation soient répartis à tous car on a beau dire, ces nuances lorsqu’elles existent, créent d’incalculables différences et établissent de trop réelles inégalités entre les hommes.


Youhou !
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s