La synchronicité. Ou quand on décide de pister l’Univers.

Un contact m’a demandé aujourd’hui quel sens avait pour moi ce terme de synchronicité.

Il me semble que le meilleur moyen de le faire reste par l’exemple…

Je réussis, il y a trois ans, à passer la barrière des écrits du CRPE. Et nombre d’étudiants inscrits à ce concours savent combien ce concours est une bête grise qui broie tout ce qui vous reste de temps libre et d’ouverture d’esprit. Vous dormez concours, vous pensez concours, vous mangez concours. Votre regard fusille toute personne qui oserait vous demander quels sont vos projets si vous ne le réussissiez pas (son hésitation trahit le « encore » en creux).

Il s’agissait de ma 4eme tentative. Je n’en ai pas honte. D’une part parce que je n’ai rien fait la première année, d’autre part parce que je travaillais aussi à temps plein. Mon implication, et mes résultats, se sont accrus avec les échecs successifs. Ce n’était cependant pas suffisant pour passer le plafond des écrits sur Toulouse. L’année 2009 était pour moi celle de tous les possibles. Je m’étais enfin décidé à m’inscrire dans toutes les académies, et sur toutes les branches possibles. Privé, Public, externe, 3eme voie, etc.

Bien que l’idée de vivre dans la Creuse ou en Guyane ne m’enchantait guère, je sentais bien qu’il fallait que quelque chose bouge enfin cette année. Je ne pouvais plus végéter encore dans mon petit collège de banlieue chic toulousaine (ô combien sympathique au niveau des relations professionnelles) . J’enchaînais donc les sujets, les dossiers, les corrections, les reprises, les lectures, les fiches.

Puis vint le moment où il me fallait faire le ratio inscrits N/présents N-1 pour déterminer mes chances aux écrits. Une chose tout à fait inhabituelle se produisit; un concours troisième voie privée était ouvert à Toulouse avec seulement une soixantaine d’inscrits pour 8 postes. L’une des académies les plus difficiles offrait cette année une possibilité extraordinaire. De plus dans le privé.

Le jour des écrits un autre « petit miracle » se produisit. Nous n’étions que 11 présents ! il ne fallait pas se relâcher. Cette autoroute qui se dessinait n’autorisait pas de rendre des copies bâclées. Je ne devais pas me déconcentrer et tout jeter dans « la bataille ». Effectivement nous fûmes seulement 3 à passer la barrière des écrits.

La préparation des oraux devait commencer, et notre professeur d’EPS de FORPROF m’avait conseillé de m’entraîner pour la course du 1500 m à Pibrac. Car le terrain sur lequel nous allions courir serait exactement le même. Fait amusant (et début de la synchronicité), ma grand-mère maternelle y a habité toute sa jeunesse. Ses parents tenaient un hôtel. (Famille Azéma pour les locaux) Je me suis donc rendu à Pibrac, et je me suis garé non loin de la basilique. Après mon entraînement de course j’ai visité la basilique. Pour ceux qui ne sauraient pas la différence entre une basilique et une cathédrale: une basilique est consacrée par un évêque.

La basilique de Pibrac ressemble à ceci.

pibrac_st_germaine[1]

Sainte-Germaine de face

Cette basilique porte le nom de… Sainte Germaine, tout comme ma grand-mère maternelle qui y a vécu. En rentrant chez mes parents (oui j’ai été un Tanguy) ma mère me raconta que ma grand-mère et sa sœur avaient été choisies pour être modèles de certains visages ornant la basilique. C’est ainsi qu’en regardant les murs, je regardais la jeunesse de ma grand-mère et de ma grand-tante.

Le jour de la course de 1500 m je réussis à tenir un temps correct et obtenir la note de 14. Il ne restait plus que le Sésame qu’est l’oral professionnel. Tout se joue à cet instant. Une mauvaise impression sur le jury et vous pouvez vous préparer pour l’année prochaine.

Le jour de l’oral une collègue du collège professeur d’Anglais m’accompagna, après m’avoir nourri, et calmé, autant que faire se peut ! Je découvris le sujet dans l’amphithéâtre et préparais mon exposé. Un sujet formidable, où je pouvais par chance placer un maximum de lectures qui m’avaient été conseillées. Notamment Britt Marie Barth sur « le Savoir en construction » et « l’apprentissage de l’abstraction ». Je me sentais porté, les connecteurs logiques enchaînaient les idées. Tout faisait sens et s’écoulait tout simplement. Je me présentais devant le jury, suite à mon exposé la discussion s’engagea. Celle-ci s’est porté sur un plan où j’avais l’impression de discuter avec des collègues et non de passer un examen. Je savais, je sentais que cela s’était bien passé.

Mais tout de même ma curiosité me poussa à coller mon oreille contre la porte afin de glaner quelques infos sur ce qu’ils avaient pensé de ma prestation. Parmi le jury se trouvait un inspecteur(trice) mais je ne savais pas qui c’était.. Jusqu’à ce que la seule femme du Jury s’exclame:

« – Non lui c’est un bon ! Il parle de tout, il fait des liens avec tout. Il connaît Barth !! Je le veux lui !! 18.5 !!

– Non attends.. il y en avait deux autres très bon ce matin aussi.. On va voir, on va regarder ça.

– Oui mais tu as vu tout ce qu’il a dit ? »

Cela me suffisait amplement, et j’avais peur de me faire surprendre. Je ne pu faire que quelques mètres dans le couloir, mes jambes tremblantes ne me portaient plus. Je pleurais et riais en même temps. J’étais aussi blanc qu’une feuille. Un organisateur s’approcha de moi:

« – Monsieur ? Vous allez bien ? Vous voulez que j’appelle quelqu’un ?

-Merci non, je dois manquer de sucre. »

Et je terminais mon quatrième sac de fraises Tagada de la semaine avant de rejoindre ma collègue…

En rentrant chez moi je racontais tout cela à mes parents, ma mère a gardé longtemps ce sourire apaisé qui disait « Je n’ai plus à m’inquiéter pour mon fils » .

Je partis à la cuisine me faire une infusion bien méritée, en remuant le sucre je regardais le calendrier. Nous étions le 15 Juin. Je venais de réussir mon concours et ma vie professionnelle le jour de la Sainte-Germaine…

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Voici en ce qui me concerne le plus bel exemple de synchronicité qui me soit arrivé. Pour celles et ceux qui voudraient creuser ce concept, vous pouvez vous pencher sur les travaux de Carl Jung.  Vous pouvez également lire un roman « La Prophétie des Andes », qui pour certains semble « New Age » mais dont la notion de Synchronicité est également bien décrite. Un film fait suite à ce livre:

La Prophétie des Andes – le Film from Koyeba on Vimeo.

Mais la synchronicité c’est aussi un phénomène purement physique. Deux photons qui interagissent au départ puis éloignés auront la même réaction si l’un est « pressé ». Autrement dit ils sont liés et ont exactement la même réaction au même moment quelle que soit la distance.

Ma réflexion s’est arrêtée à ce point qui est de dire: la synchronicité est un nœud particulier dans l’espace et le temps. Tout n’est qu’espace et temps.

C’est un bel outil pour celui qui croit qu’un Dieu ou l’Univers (c’est synonyme en ce qui me concerne) envoie des messages sur ce qui serait la bonne voie à suivre. Lire Paulo Coelho, « L’Univers conspire à notre bonheur » dit-il.

Voici ce qu’est pour moi la synchronicité et comment je l’ai ressenti dans ma vie.

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Bibliographie:

La prophétie des Andes, James Redfied

– L’alchimiste, Paulo Coelho

– L’âme et le Soi, Carl Jung

– C’est une chose étrange à la fin que le monde, Jean d’Ormesson

– Le savoir en construction, Britt-Mari Barth

– L’apprentissage de l’abstraction, Britt-Mari Barth

– La constante macabre – Ou Comment a-t-on découragé des générations d’élèves ? , André Antibi

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