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Le destin lié des élèves et des enseignants.

Hier

C’était en après 2005. J’étais à l’époque assistant d’éducation dans un collège de la banlieue Toulousaine. Je m’occupais du réseau informatique pédagogique et administratif. Il m’arrivait d’accueillir des élèves dans la salle informatique pour accompagner l’enseignant dans sa séance. J’ai plusieurs fois travaillé avec les élèves de l’ULIS (terme désignant une classe spécialisée pour enfants en situation de handicap).

Au cours de ce contrat, l’équipe d’adultes s’est trouvée face à une situation ignoble. Une des élèves de troisième avait filmé une élève de l’ULIS pour ostensiblement se moquer d’elle et avait publié ses méfaits sur Youtube. Sur cette vidéo nous avons entendu plusieurs élèves ricaner et parler très durement à leur camarade d’ULIS.

L’équipe enseignante et d’encadrement avait immédiatement demandé « la tête » de la fautive. Elle devait être renvoyée sur le champ. Nous ne l’avons pas obtenu. De plus le principal nous a rapporté les paroles de la mère de l’élève de troisième: « ma fille tu avais un téléphone avec caméra, tu es punie tu auras désormais un téléphone sans caméra ». La bonne société bourgeoise sait être dure pour être juste avec ses enfants…

Aujourd’hui: une vidéo qui écrase plus qu’elle n’élève

Je ne publierai pas sur ce blog la vidéo de Mélissa Theuriau tellement celle-ci me semble honteuse. Elle n’est même pas caricaturale, elle est diffamatoire. Cependant il me semble important de la recontextualiser. Nous savons désormais que la vidéo produite par Mme. Theuriau est une collaboration Disney.  Est-ce que l’éducation nationale a versé la moindre somme pour cette production ? J’ose espérer que non. Bien évidemment le ministère fut « étonné et peiné » de voir que certains enseignants furent blessés. Il s’est trouvé de nombreuses personnes pour soutenir cette initiative, certains dont je n’aurais jamais pensé cela possible. Il partageaient cela le point de vue caricatural des libéraux. Ainsi la révolte des enseignants était déplacée au vu du sujet grave évoqué. C’est donc aux enseignants d’être plus attentifs. Ils doivent mettre un mouchoir sur leurs égos déplacés.

Une relation profonde et systémique

J’ai souvenir dans un des paliers de formation ASH avoir travaillé à l’analyse des relations au sein de la classe et surtout de l’influence du système dans lequel la classe se trouvait. Une organisation particulière de l’école, un lieu physique, les structures, les enjeux de pouvoir entre ces structures, tout concourt à influer une pratique de classe. Cette pratique comporte donc une part de conscient, de ce que nous voulons mettre, des valeurs que nous portons, des objectifs que nous nous fixons. Mais elle comporte aussi une part d’inconscient, façonnée par les éléments cités précédemment. « Etre plus vigilant » ne suffit pas, ou alors l’objectif de la réponse est implicitement libéral en jetant l’entière responsabilité sur les premiers acteurs du terrain.

Un lien solide

Par le fait même de l’organisation des journées de classe et la présence continue des professeurs des écoles des liens très forts se tissent entre les élèves et leur « maître ». Un véritable professionnel reconnaîtra que ses élèves lui apportent beaucoup et lui permettent de faire évoluer sa pratique. Ne serait-ce que par leurs incompréhensions, leurs questions diverses, leurs réactions, leurs rires, leurs larmes.

295 600 élèves de primaire, 332 000 élèves de collège, 73 000 élèves de lycée subissent le harcèlement dans et hors les murs de l’éducation nationale. Dans le même temps les enseignants ont un taux de suicide 2,9 fois plus élevé que la moyenne des salariés.

Comment ne pas voir ici encore un lien connexe entre le taux de harcèlement des élèves et le taux de suicide des enseignants ? Faut-il être aveugle ou de mauvaise foi pour ne pas voir l’influence systémique qui cause ces phénomènes ?

Comment peut-on oublier la disparition progressive de tous les métiers périphériques (maître G, maître E, psychologue scolaire) qui permettent une écoute, un travail d’équipe et donc un soutien entre les collègues. Pourquoi taire que ces situations sont liées au manque de formation,  au fait que l’on jette des gamins dans le métier avec des bases plus que légères, sans oublier que parfois certains collègues sont embauchés à Pôle emploi avec toutes nos responsabilités mais seulement un SMIC ? Les regards croisés permettent de déceler une situation de détresse, plus vous enlevez des regards, plus vous supprimez des possibilités de poser une alerte.

Que faire à son niveau de base ?

Puisque nous savons que l’Education Nationale restera dans l’invocation creuse avec un spot honteux, nous devons nous questionner encore sur notre pratique et nous demander comment nous pourrions améliorer les choses. J’ai tendance à penser que les mauvais plis sont vite pris, aussi n’importe quelle moquerie entendue en classe devrait être reprise très tôt. Pour ma part j’exige qu’ils s’excusent en regardant l’élève victime dans les yeux. J’insiste sur l’inutilité de ces méthodes de domination. Ma binôme cette année propose un travail très intéressant sur la communication non violente. Les groupes de travail me semblent aussi une voie à explorer, en fait tout ce qui peut contribuer à diminuer l’esprit de compétition et instaurer un esprit de collaboration. C’est une poussière au regard de ce que pourrait réellement faire l’institution, en y mettant les moyens humains.


Pour approfondir le sujet:

Sur la communication non violente: http://cnv-apprentiegirafe.blogspot.fr/

Le blog de Lucien Marboeuf: http://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2015/11/07/harcelement-jai-teste-la-video-polemique.html

Comment dans sa classe perturber le déterminisme social de l’école.

« L’école est fille et servante du capitalisme » Célestin Freinet

Telle était l’analyse d’un des plus grands pédagogues du siècle dernier.  Célestin Freinet s’inscrivit dans le courant de la pédagogie active avec son mouvement de l’école moderne. Dans un de ses écrits « capitalisme de culture » nous pouvons lire ceci:

On y considérait la matière et encore la matière et non le jeune homme, la jeune fille. Un capitalisme cruel oppressait nos enfants – et nous l’avons souffert. La culture n’était que de la matière : plus il y a de matière et plus grande est la culture.

Le capitalisme comme mode de reproduction sociale, par le fait que les moyens de production n’appartiennent pas à ceux qui les font vivre, est bien connu par son intrinsèque nécessité à ce que la société soit divisée en classes. Dans « Les luttes de classes en France » Marx en distinguait sept : l’aristocratie financière, la bourgeoisie industrielle, la bourgeoisie commerçante, la petite bourgeoisie, la paysannerie, le prolétariat, le sous-prolétariat.  Une illustration ancienne et bien connue pose le problème.

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Concernant l’école et l’acception de Célestin Freinet nous pouvons utiliser les données du site inegalites.fr concernant l’éducation. La réussite scolaire selon l’origine sociale:

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Un premier point, il est à mon sens dommage que les ouvriers et inactifs soient regroupés dans le premier graphique. Nous constatons dans le que le bac général est obtenu en majorité par les professions intermédiaires et les cadres supérieurs. Tout comme les inscriptions en classes préparatoires aux grandes écoles et les Masters 2.

La transformation du corps enseignant

Nous pouvons déjà mesurer ici la folie que constitue la Mastérisation de l’enseignement en l’état actuel du système reproductif social de l’école. Progressivement les enseignants  vont se fondre complètement dans la catégorie des cadres et professions intellectuelles supérieures. C’est un mouvement amorcé depuis plusieurs années et dont la tendance se confirme et s’amplifie. Le phénomène de lutte de classe s’installe alors au sein même de l’école. C’est le retour d’une vision héritée de l’hygiénisme où la petite bourgeoisie doit apporter ses lumières au « bon peuple » bien heureux de les recevoir. Nous voici bien loin de l’éducation populaire, de la pédagogie active, de l’école mutuelle. Et pourtant, l’un des premiers actes du Président de la République fut de glorifier Jules Ferry, celui qui n’eut de cesse de fouler au pied les idées révolutionnaires de la Commune de Paris. Il s’exprimait en ces termes:

« Dans les écoles confessionnelles, les jeunes reçoivent un enseignement dirigé tout entier contre les institutions modernes. Si c’est état de choses se perpétue, il est à craindre que d’autres écoles ne se constituent, ouvertes aux fils d’ouvriers et de paysans, où l’on enseignera des principes totalement opposés, inspirés d’un idéal socialiste ou communiste emprunté à des temps plus récents, par exemple à cette époque violente et sinistre comprise entre le 18 mars et le 24 mai 1871. »

Nous en sommes au point de l’analyse de Nicos Poulantzas, à savoir que l’État fait perdurer ces structures sociales. L’action de l’école de la Ve République, à « son corps défendant », reproduit génération après génération ces catégories sociales et le modèle de propriété lucrative dans l’outil productif. L’illustration en est faite au travers de ces graphiques. Il est permis de se demander si les internats d’excellence , les quotas au sein de grandes écoles, les réseaux ambitions réussites ne sont au final qu’une vitrine rendant acceptable une réalité qui l’est beaucoup moins. Difficile de dire si ces actions sont un voile pudique mûrement réfléchi, ou la conséquence d’une classe dirigeante pétrie de quelques culpabilités, ou encore le projet concret d’une collusion d’intérêt entre l’aristocratie financière, la bourgeoisie industrielle (nous nous souviendrons de la déclaration de Geneviève Fioraso sur l’enseignement de entrepreneuriat dès la maternelle) et la petite bourgeoisie.

De la prolétarisation

Nous avons vu que les instituteurs, devenus professeurs des écoles passaient progressivement d’une origine ouvrière ou paysanne à cadres / professions intellectuelles supérieures. Pour autant ce métier se prolétarise, comment est-ce possible ? La prolétarisation est ce phénomène qui consiste à supprimer les savoirs d’une personne. Celle-ci ne réfléchit plus, n’agit plus sur son outil de travail. Elle en est dépossédée une deuxième fois, la première dépossession étant l’acte de propriété.

Cette prolétarisation s’opère à partir du moment où l’acte et la réflexion sont déconnectés de l’exécutant. Cette notion se retrouve sur d’autres types de métiers. Prenons la restauration en exemple: dans un premier temps les condiments et sauces furent proposés comme éléments préparés par l’industrie. Progressivement les entreprises agro-alimentaires ont élargi leur offre. Désormais un restaurant peut vendre sur sa carte absolument tous ses plats à partir de préparations toutes faites. Le cuisinier travaillant dans ce restaurant n’est plus qu’un exécutant, un « réchauffeur », un assembleur.

La prolétarisation du corps enseignant

La prolétarisation du métier d’enseignant s’opère à la fois dans la conception de son enseignement, son rythme et l’objectif qui est fait de l’évaluation. Le site Skole.fr relevait dans un billet de 2010 que la liberté pédagogique était de plus en plus restreinte. En cause, les pressions des inspecteurs, la hiérarchie plus large, de l’absence de formation digne de ce nom. Les ESPE, bien que signe d’un retour de la formation initiale, ne sont toujours pas au même niveau de ce qu’on connu nos anciens collègues avec l’école normale. Enfin la conception même de l’évaluation dessine un effet de filière, le socle commun de compétences dans son nom même indique une notion utilitariste de l’enseignement. Alors que celui-ci devrait être perçu comme une construction de sa personne est perçu comme un moyen d’atteindre un but. C’est ici que la compétitivité dans le monde du travail se transfère à l’école par la compétition scolaire. La plupart des parents l’ont bien compris, et misent leurs espoirs dans l’institution.

Or, la bourgeoisie (petite ou grande) maîtrise les codes scolaires, implicites ou explicites. Les familles prolétaires et sous prolétaires, elles, avancent dans un brouillard. Ces codes inconnus ne sont pas ou peu expliqués par les enseignants, eux-mêmes empêtrés dans plusieurs contradictions et pressions institutionnelles.

Il existe cependant, à travers les différentes périodes politiques des enseignants résistants à l’ordre qui leur semblait injuste. Outre la célèbre Louise Michel, on trouve d’autres enseignants qui ont milité pour le pacifisme (Ismaël Audoye, Marcel Berge, François Bernard, Julie Bertrand, Alexandre Blanc, Gabrielle Bouët, Louis Bouët, Paul Briard, Hélène Brion, Claude Calzan, Lucie Colliard, Jean Cornec, Jostte Cornec, Paul Cuminal, Sébastien Faure, Eugène Gervais, Henriette Izambard, Paul Laguesse, Louis Le Yaouanq, Fernand Loriot, Théophile Maupas, Jean-Pierre Raffin-Dugens, Madeleine Vernet) engagés dans différentes résistances (Henriette Alquier, Marie Guillot, Lucie Aubrac, Hubertine Auclerct, Marcel Ballon, Marylise Ben Haim, Georges Bidault, Marc Bloch, Robert Bonnaud, Marcel Boubou, Honoré Bourguignon, Charles Boussinot, Alice Bouvier, Pierre Brossolette, René Cance, Jean Cavaillès, Mouloud Ferraoun, Max Marchand, Nelly Forget, Francisco Ferrer, Paulo Freire, Georges Guingouin, Emile Guyot, Bachir Adj Ali, Eloi Machoro, Albert Thierry, Louis Torcatis, Georges Varenne, Jean-Pierre Vernant) jusqu’à nos jours où certains ont refusé d’appliquer les programmes (Pierre Berthelin, Alain Refalo, Adolphe Bezot, Marie Bonnevial, François De Lillo, Rémi Diallan, Didier Claude, Paul Robin, David Henry Thoreau,  renseigner la base élève (Patricia Arthaud, Fabienne Bernard, Bastien Cazals, Philippe Cherpentier, Claudia Chiaramonti, Christian Gerbelot-Legris, Elisabeth Heurtier, Isabelle Huchard, Sandrine Colin ),  cacher des enfants et familles sans-papiers (Valérie Boukobza, Florimond Guimard).

Locomotive ou gare de triage ?

Plusieurs tâches se sont rajoutées dans le métier de l’enseignant au fur et à mesure des années ; Livrets de compétences, PPRE, les différents projets (classe, cycle, école, individuel), etc. Tout ceci s’accompagne du processus de « professionnalisation de l’enseignant », sans véritable augmentation, voir une régression du salaire. Il semble pourtant que les enseignants issus de l’école normale étaient non seulement professionnels, mais surtout humains, et prenaient en compte l’enfant avant l’élève. Ces pédagogies actives, de projets, où les élèves prennent un maximum de paramètres en charge (jusqu’à la planification des actions) sont en contradiction avec la planification actuelle des programmes et avec la vision utilitariste de l’école. C’est d’ailleurs pour cela que la Ministre évoquée plus haut propose d’enseigner l’entreprenariat à l’école, cela illustre la vision du gouvernement sur ce que doit être l’action d’un enseignant. Alors que celui-ci pourrait être une locomotive, accompagnant des élèves pour cheminer, il se retrouve parfois (souvent ?) avec le sentiment d’être une gare de triage.

Ce sentiment de dépossession peut se combattre avec plusieurs éléments. De prime abord je pense aux manuels et à leur utilisation. Certains proposent une progression toute faite, où la classe avance au rythme édicté. L’affaire M’Bala nous a rappelé que la méthode de transmission historique actuelle avait de larges défauts et qu’elle se révélait insupportable pour l’esprit de certains adolescents qui pensent qu’on leur vole une partie du monde. Pour ce cas, pourquoi ne pas mettre l’élève en recherche permanente, lui demander de constituer lui-même un dossier collectif où il devra par la négociation se mettre d’accord avec ses camarades sur le contenu de celui-ci ? Cette démarche le met en action, et nous avons qu’un élève retient mieux en mémoire ce qui l’a fait se mouvoir lui-même. L’enseignant serait garant du cadre, vérifierait les contenus, la véracité des sources. Une certaine raison doit se dégager, utiliser les manuels les yeux fermés est un non sens et une démission de la pensée. Mais refuser en bloc tout manuel par principe est également inepte. rendons à César ce qui est à l’EN la dernière génération des PE2 a encore reçu un enseignement à l’utilisation critique des manuels. Je fais confiance aux ESPE pour que ce soit encore le cas. Mais un fait reste, le rajout croissant de tâches supplémentaires oblige l’enseignant à opérer des choix sur son travail. Et l’utilisation du manuel comme béquille peut alors s’avérer très utile.

L’utilisation des évaluations et de l’orientation est également un système de dépossession du libre arbitre de l’enseignant. La pensée dominante reste liée à une représentation de la société organisée telle une courbe de Gauss. La distribution des notes s’étalant du 0 à 20 se concentrent en nombre dans la moyenne gardant une fraction de « bons » et de « mauvais » élèves. Le système de notation et le livret de compétences sont ouvertement liés à l’orientation et donc à l’effet de filière énoncé précédemment. Ce que certains appellent le Livret Personnel de Compétition est donc parfois boycotté, la notion est même rediscutée engageant une confusion entre des courants aussi antagonistes que Brighelli, Edgard Morin et Philippe Merieu.

Revenons au système de notes. La distribution des notes au sein de la classe appose un système presque isométrique à celui que nous connaissons dans la distribution des classes sociales. Et même si nous retrouvons face à nous dans les caisses Leclerc des Masters 2, force est de constater qu’ils sont plus à même de se défendre face à une administration tatillonne, un propriétaire véreux, ou un patron manipulateur qu’un autre jeune qui aura terminé ses études en troisième ou au Bac.  De plus, le taux de chômage des non diplômés ou faibles diplômés est jusqu’à trois fois plus élevés que les élèves de diplômes supérieurs..

Taux_de_chomage_diplomes

Cette distribution de notes doit donc être remise en cause. C’est ce qu’André Antibi fait au travers de ses livres sur la constante macabre et l’évaluation par contrat de confiance. Dans son dernier livre « 50 paradoxes dans l’enseignement » il relève d’ailleurs le lien notation-orientation:

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Il détaille ses propositions dans une conférence visible ci-dessous à 03:14:37

Le système d’évaluation par l’EPCC a cet avantage de dissiper le brouillard pour les élèves et familles qui ne maîtrisent pas les implicites des codes scolaires. Ils sont plus motivés car le travail paie, directement. André Antibi relève d’ailleurs que la distribution de notes se modifie.

Que faire ?

Concrètement, un enseignant a des possibilités infinies de transformer le système actuel, même à son modeste niveau. Ce métier est éminemment politique, il suffit pour s’en rendre compte de lire les réactions outrées des personnes qui apprennent que Nathalie Arthaud est professeur d’économie , alors que les professeurs faisant partie du cercle des libéraux ne posent pas de problèmes particuliers. La force d’inertie de l’Education Nationale décriée en son temps par Claude Allègre se trouve être un avantage lors de réformes combattues par une large partie de la corporation (base élèves).   Proposer une pédagogie active, se détacher des manuels, de la temporalité bourgeoise, refuser le système de triage, refuser l’utilitarisme scolaire, enseigner les bases d’un travail coopératif plus que lucratif, enseigner la solidarité plus que la compétition scolaire sont autant de positionnements que nous pouvons d’ores et déjà adopter sans attendre le grand soir.

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Quelques lectures: 

La constante macabre ou comment a-t-on découragé des générations d’élèves ?, André Antibi, Math’adore, 2003

Les notes, la fin du cauchemar, André Antibi, Math’adore, 2007

50 paradoxes dans l’enseignement, André Antibi, Math’adore, 2011

Apprendre à désobéir, petite histoire de l’école qui résiste,  Laurence Biberfeld et Grégory Chambat, 2013

Démarrer en pédagogie Freinet – Pourquoi ? Comment ?, Catherine Chabrun, ICEM, 2005